• Nous avons donc quitte Delhi en bus de nuit le 2 novembre, pour rejoindre Dharamshala (MacLeod Ganj plus exactement), le lieu de residence du Dalai Lama et d'une importante communaute tibetaine en exil. On en oublierait presque parfois qu'on est en Inde! Mais quel bonheur de voir les montagnes, de respirer de l'air frais et d'avoir un horizon degage!

     

    Un air tibetain

     

    L'endroit est aujourd'hui tres touristique, on ne compte plus les boutiques, ecoles et centre de yoga, meditation, massages en tout genre, c'en est presque trop!...mais en y regardant bien, il y a aussi toutes les ONG locales qui ouevrent pour les refugies et la cause tibetaine, que ce soit en donnant du travail aux nouveaux arrivants (artisanat par exemple), des formations, cours de langues, restaurants/cafes dont les benefices sont entierement reverses a des actions locales etc, etc...

    Un air tibetain

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    Un air tibetain

    Un air tibetain

    Un air tibetain

    Nous nous y sommes poses quelques jours, avant de gagner Bir, village qui heberge egalement une colonie tibetaine, environ 80km a l'est de Dharamshala. C'est ici que l'association Tendrel a demarre il y a quelques annees un projet d'eco-village avec des Tibetains et Indiens, Namlang Himal Village. Un petit havre de paix et de verdure, au pied d'un des meilleurs site de parapente du monde! La voile bi-place Tibet Libre que pilotait, entre autres, Fifi dans la vallee de Chamonix, continue ici sa carriere depuis le mois de septembre: ca fait de l'effet quand elle survole le village!

    Un air tibetain

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       Namlang Himal Eco Village: sympa, non?                                  La voile Tibet Libre

    Fifi a attendu la benediction du medecin ayurvedique (rapport a son foie) pour voler, et il a tout de meme pu, en solo, apprecier l'aerologie locale! En dehors de cela, petites balades, lectures, cours de cuisine indienne...ont rythme notre semaine.

    Un air tibetain

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    chapatis, palak-paneer (epinards et cottage cheese indien aux epices), mattar paneer (petits pois et cottage cheese indien en sauce masala)...mmhhh, c'est pret, bon appetit!

     

    Un air tibetain

     Un air tibetain

     

     

     

     

     

     

     

    Arbres en fleurs, pinedes et cultures en terrasse se partagent le paysage 

    Un air tibetain

                    Plusieurs grands monasteres tibetains ont ete construits a et autour de Bir

    Un air tibetain

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    Petite viree a Bijhnat, la ville la plus proche le jour du Diwali (fete des lumieres en Inde). Tout le monde s'affairait pour les preparatifs de la soiree! Quoi, qu'est-ce que vous dites?... bien sur qu'on goute a toutes ces sucreries, a votre avis elle est pour qui la boite que le monsieur est en train de remplir?!

     

    Un air tibetain

     

    Nous avons ete frappes, que ce soit a MacLeod Ganj ou a Bir, par la relative "aisance" de certains Tibetains installes la depuis longtemps (attention ce n'est pas non plus une generalite), ainsi que de l'opulence de certains monasteres en regards de la condition bien plus modeste de beaucoup de leurs voisins Indiens. Les Tibetains sont plutot doues pour les affaires, alors que les Indiens alentours vivent essentiellement d'une agriculture "a l'ancienne". Cela entraine inevitablement quelques tensions entre les deux communautes, et n'empeche malheureusement pas qu'il arrive encore des refugies du Tibet en situation tres precaire...

    Nous avons ensuite repris la route pour revenir a Dharamshala, afin de participer a une reunion speciale des groupes de soutien au Tibet a laquelle nous representions notre association, Lions des Neiges Mont Blanc. 3 jours intenses de conferences, travaux en groupes et discussions (le tout en anglais, je ne vous dit pas les neurones a la fin de la journee!) avec plus de 200 participants de 43 pays. Nous avons eu l'occasion d'entendre le Premier Ministre du gouvernement tibetain en exil, et le Dalai Lama lui meme nous a fait l'honneur d'une audience. C'etait la premiere fois que je le voyais!

     

    Un air tibetain

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                    Seances plenieres...                                                et travaux en groupes

     

    Un air tibetain

    Sa Saintete le XIVe Dalai Lama (au cas ou vous ne l'auriez pas reconnu ;-))

     

    Un air tibetain

    Et apres le travail, spectacle et musique pour decompresser

    Tant de gens pensent la cause tibetaine deseperee, mais malgre les mauvaises nouvelles qui arrivent sans cesse sur la situation au Tibet, on peut vous dire que le dynamisme qui se degage d'une telle reunion encourage a garder espoir et donne de l'energie. Je gadre de ce meeting l'image du colibris de Pierre Rabbhi: si chacun fait sa part, en mettant tous les efforts bout a bout, on peut toujours esperer que les choses changent (meme si au final il s'agit toujours de volonte politique...)!

    Un air tibetain

    Le jour ou nous avons quitte MacLeod Ganj, 78 Tibetains de toutes categories sociales s'etaient deja immoles par le feu depuis 3 ans (sans doute malheureusement plus a la date d'aujurd'hui), avec une acceleration dramatique ces derniers mois (presque un par jour actuellement, beaucoup de jeunes). Ces gestes extremes sont bien le signe d'une situation toujours plus dramatique au Tibet, et qu'ils n'ont malheureusement plus d'autre facon d'esperer etre entendus du monde: qu'attend la communaute internationale pour reagir enfin?!

    Un air tibetain

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  • Deux heures...il nous aura fallu deux petites heures et le temps de passer du 20 au 21 octobre pour survoler les montagnes du Pakistan, que nous aurions du mettre des jours a atteindre et traverser a velo pour arriver en Inde...

    Nous avons atterri a Delhi en pleine nuit, ca y est, le "but" du voyage etait atteint...mais nous n'avons pas ressenti l'emotion qui nous avait enveloppes a Samarqand, devant le Registan avec nos velos. Le rythme "humain" auquel on etait habitue depuis des mois, faisant passer progressivement d'un pays, d'une culture, d'un paysage a d'autres, de tour de roue en tour de roue, s'est accelere trop brutalement...

    Il a fallu attendre la rencontre avec Rajagopal, Jill, et revoir aussi Odile qui etait la (l'une des dernieres personnes que nous avions vue avant de quitter la France), pour qu'enfin il se passe quelque chose "a l'interieur", deux jours plus tard... la oui, nous etions enfin pleinement arrives, meme si ce n'etait pas a velo jusqu'au bout!

    L'Inde...depuis le temps que nous nous l'imaginions, que nous avions cree des images a partir de ce qu'en racontent ceux qui s'y rendent regulierement ou y ont passe beaucoup de temps..."l'Inde, tu adores ou tu detestes!" nous a dit un jour un voyageur croise a Dushanbe!

     

    Une souris a Delhi


    Pays de toutes les richesses et de toutes les miseres, territoire immense avec des peuples et des us differents, des dizaines de langues regionales, des contrastes immenses du Nord au Sud et d'Est en Ouest...terre de Gandhi, "pere" de son independance, en 1947 (et oui, ce n'est pas si vieux quand on y pense!)

    On s'est tres vite rendu compte qu'il nous serait impossible d'en decouvrir les multiples facettes avec le temps de visa dont nous disposons, sans doute une vie entiere n'y suffirait pas! Nous pensions reprendre les velos pour faire un circuit dans le nord du pays, loin des gros centres urbains, de leur circulation automobile anarchique et de la chaleur...c'etait sans compter la jaunisse qui a decide de tenir compagnie a Fifi! Il a donc fallu qu'il reste tranquille, le seul remede etant REPOS ABSOLU pendant plusieurs jours, boire beaucoup (de l'eau, pas du vin, et oui...!) et deplacements "molo-molo" ensuite. La perspective de pedaler en Inde s'est donc eloignee, et il nous a fallu revoir un peu nos projets...

    Nous sommes donc involontairement restes coinces a Delhi pour un moment. Du coup, je me suis lancee en solo dans quelques excursions en metro, tchuc-tchuc et a pied, dans l'immense capitale indienne: 16 millions d'habitants, 6 millions de vehicules et la pollution qui va avec! On se sent vite aussi minuscule que les toutes petites souris qui se faufilent parfois entre les tables des restaurants et les articles des echopes!

    Une souris a Delhi

    Une souris a Delhi









    Je me suis retrouvee bien vite dans le bain de ces nouvelles ambiances, rien a voir avec ce que nous avions connu jusqu'en Asie Centrale jusqu'ou regne encore un quelque chose d'"ordre" a l'Europeenne. Le monde, le bruit, la poussiere, la circulation totalement anarchique...mais aussi les couleurs, les odeurs, les contrastes!

    Les bazaars ici sont des rues entieres de magasins quasi-identiques les uns a cote des autres, souvent specialises par quartiers (textile, epices, produits chimiques, cartes de voeux, fruits et legumes...) ou l'on est servi si l'on veut prendre un bain de foule! J'ai aussi renoncer a entrer dans l'enceinte des "monuments" que je souhaitais visiter, car il y avait au bas mot une heure d'attente a chaque fois pour y penetrer (notamment le Fort Rouge et le Lotus Temple, photos ci-dessous)! et oui, il n'y a pas que les "occidentaux" qui voyagent, les Indiens aussi sont touristes en de nombreux endroits de leur vaste pays.

    Une souris a Delhi

    Une souris a Delhi









    Une souris a Delhi

    Une souris a Delhi









    Le seul endroit ou j'ai trouve un calme absolu et peu de monde est le "Gandhi Smriti", la maison ou le Mahatma a passe les 144 derniers jours de sa vie...et ou il a ete assassine durant sa reunion de priere publique quotidienne.

    Une souris a Delhi

    Une souris a Delhi








     

    Voila donc un apercu de cette premiere prise de contact avec l'Inde...

    ...et comme on peut rarement s'empecher de vous faire partager une petite rubrique "gastronomie", nous ouvrons en Inde la plus geniale de tout le voyage pour nous qui sommes vegetariens et amateurs de saveurs epicees: mmhhh, enfin!! plus besoin de demander 10 fois des plats sans viande, il n'y a presque que ca! Tous les petits bouis-bouis regorgent de curries de legumes, dhal, riz et j'en passe! Apres l'Asie Centrale, quel bonheur! (sauf dans l'immediat pour Fifi qui a du se cantonner a un "regime malade" un peu severe pour quelques jours...le tout en me regardant me regaler...dur dur! mais je vous rassure, il s'est bien rattrappe depuis ;-))

    Une souris a Delhi

    Une souris a Delhi

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Une fois Fifi requinque, nous avons pu nous echapper enfin du tourbillon de la capitale - malheureusement pas a velo- pour aller nous mettre au vert du cote des montagnes de l'Himachal Pradesh, respirer de l'air frais!...la suite au prochain episode!

    Une souris a Delhi


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  • Si, grace a Jan Satyagraha et aux actions paralleles, les paysans sans terre et les pauvres ont obtenus l'engagement d'un renforcement de leurs droits, il demeure essentiel d'oeuvrer a la deconstruction du systeme qui engendre de telles disparites sociales.


    "C'est le temps pour celebrer ... et continuer l'action"

    "Victoire historique pour les communautés sans-terre et sans-abri : le Gouvernement de l'Inde accepte de mettre en place une politique nationale de réforme agraire.

    Les pauvres qui n'ont pas de terre ni de maison pourront obtenir des terres agricoles, un terrain pour bâtir une maison familiale, ils pourront bénéficier d'une aide juridique gratuite et de procédures judiciaires accélérées pour régler les litiges fonciers, et plusieurs lois en faveur des populations tribales devraient être mieux appliquées, le tout dans le cadre d'un programme bien défini dans le temps !

    La marche historique de plus de 50.000 paysans pauvres et sans terre qui a commencé à Gwalior le 3 octobre 2012 et qui devait compter jusqu'à 100 000 personnes lors de son arrivée à Delhi le 28 octobre, a amené le Gouvernement de l'Inde à accepter les exigences de Jan Satyagraha après 9 jours de marche !  Le Ministère du développement rural (du Gouvernement de l'Inde) a signé un accord avec Jan Satyagraha aujourd'hui, 11 octobre 2012, acceptant de répondre aux principales demandes exprimées par les marcheurs et en s'engageant dans un Plan d'action en 10 points dans un délai déterminé.

    Bien que l'accord ait été signé, il nous faut maintenir la pression sur le Gouvernement afin qu'il soit mis en œuvre comme convenu."

    Ekta Parishad, le 11 octobre 2012.

     

    Une marche a pedales

    Le velo est le moyen de transport que nous avons choisi pour voyager, mais c'est egalement de cette facon que nous exprimons notre soutien aux marcheurs et marcheuses de Jan Satyagraha.

    L'Inde etant une ile, au moins pour les occidentaux, nous avions decide de rejoindre Delhi en avion. Suite a une tentative avortee depuis Dushanbe au Tajikistan, nous dumes reporter ce vol a plus tard. Sans cela nous serions arrive au debut de la marche et aurions pu y participer. Nous avons profite de ce changement pour visiter l'Ouzbekistan, ce qui ne fut pas deplaisant, a part pour mes tripes et autres rejouissances...

    Apres 6 mois et demi de pedalage, notre "Yatra" s'est finalement terminee a Tashkent d'ou nous nous sommes envoles pour Delhi le 20 octobre, soit 10 jours apres la fin de la marche Jan Satyagraha. Mais nous ne sommes pas frustres de ne pas y avoir participe car nous sommes contents que le gouvernement Indien s'engage sur un Plan d'actions en faveur des populations pauperisees.

    En outre, nous avons pu rencontrer les membres actifs d'Ekta Parishad, dont Rajagopal, afin de leur transmettre les messages (aussi traduits en anglais par Celine) de nos ami(e)s paysan(ne)s de Haute Savoie et d'echanger un peu sur notre periple et sur Jan Satyagraha. Quelques medias nous ont convies a la Gandhi Peace Fondation avec nos velos afin de faire quelques images et de retranscrire notre voyage et sa specificite militante.


    La Marche est finie, mais pas la demarche

    La Marche est finie, mais pas la demarche








    A gauche: avec Rajagopal et Jill (son epouse), revetus des chales qu'ils nous ont offerts, tisses dans les communautes rurales

    A droite: lecture des messages de nos ami(e)s paysan(ne)s de Haute Savoie

    La Marche est finie, mais pas la demarche

    La Marche est finie, mais pas la demarche








    A gauche: un des responsables du mouvement Ekta Parishad ecrit "Paix" en Hindi sur notre drapeau

     A droite: remise a Rajagopal du drapeau de la marche Jan Satyagraha qui, apres etre monte au Mont Blanc l'annee derniere, a roule jusqu'en Ouzbekistan avant de s'envoler vers l'Inde


    Grace a vous toustes qui nous avez soutenus, une premiere donation de 1420 euros, avait ete effectuee avant le debut du voyage et nous en avons fait une seconde, de 7000 rupies (soit environ 100 euros) lors d'une entrevue au bureau Ekta Parishad de Delhi, afin de continuer a soutenir la resistance de ce mouvement face au rouleau compresseur economico-concurrentiel.

    La Marche est finie, mais pas la demarche

    La Marche est finie, mais pas la demarche










    N'oublions pas l'essentiel

    L'immense travail d'Ekta Parishad et de beaucoup d'autres mouvements de soutiens aux plus demunis est d'une necessite criante. Pour autant, il ne faudrait surtout pas oublier ce qui genere ces nombreuses injustices. Une action sur le long terme n'est reellement efficace que lorsque les problemes sont penses dans leur globalite et leur cause eradiquee a la racine.

    Pour s'interresser a la cause soutenue ici, analysons simplement sa mecanique systemique. Rajagopal nous dit :

    "Toute une frange de la societe est mise de cote, les paysans sont chasses de leurs terres sans aucune compensation par les multinationales, l'agiculture intensive et l'extension des zones baties. Les tribaux, ces aborigenes premiers habitants de l'Inde, doivent quitter leurs forets ancestrales, expulses par un gouvernement qui prefere exploiter les ressources en bois et en minerais ou amenager des parcs nationaux pour les touristes".

    Or le but de tous ces mercantilismes n'est evidement pas de proteger la veuve et l'orphelin en promouvant la justice sociale, ou alors juste pour l'image (un social-washing), mais bien d'etre competitif a tous les niveaux et de generer du profit pour une minorite omnipotente.

    Ce systeme mondialise renferme une violence physique, morale, culturelle, economique, institutionnelle, politique, philosophique, ideologique qui est profondement incompatible avec la paix et la dignite humaine. Notre civilisation risque de ne pas survivre a ce phenomene totalitaire.

    Cette fuite en avant, cet abrutissement, tel l'opium du peuple, cache une incapacite a affronter la realite. Il me semble essentiel de bien comprendre le paradigme mortifere actuel afin de le dissoudre et de laisser place au Nouveau.

      Sans cette conscientisation, nous n'aurions rien appris des liens de causes a effets qui jalonnent l'histoire des trajedies humaines en nous affublant, de surcroit, d'une "bonne conscience solidaire". Une question d'ego et de ses boursouflures, peut etre...?

     

    "Le XXIe siecle sera metaphysique ou ne sera pas"

    Andre Malraux


     

    La Marche est finie, mais pas la demarche

    Je ne suis pas un concurrent


    Philippe

    PS : suivra peut etre prochainement un texte qui pourrait s'intituler "De la difficulte a proposer une critique radicale sans paraitre grave ni reactionnaire"... Mais avant cela vous aurez droit au recit, plus leger, de Celine agremente de photos de nos premiers jours en Inde, ouf !

     


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